
Le tour de l'île? deux heures a pieds, et une a velo. Un pont, vestige de la colonisation française, lie Don Det à Don Khone. Nous sommes a Si Phan Don, littéralement le 4000 iles. Dans un Mekong qui s'étend sur des kilomètres, des milliers d'îles et îlots effleurent l'eau, un kilomètre carré, ou bien dix, ou encore un seul buisson que la saison des pluies cachera. Devant nous, un paysage luxuriant, alimenté d'une fleuve qui a perdu la couleur cafe au lait du nord. Ici l'eau est claire. Elle est chaude, comme la mer. La saison chaude n'est pas encore arrivée, encore un mois et la chaleur sera vraiment suffocante.
Sur l'île, sur les îles, les touristes se concentrent. Se baladent a pieds et en vélo, vont voir les dauphins d'eau douce, inconscient de combien soit néfaste l'afflux des pirogues a moteur, lisent et se detendent sur les plages. Et ils se rencontrent. S'arrêtant un istant, arrêtant de courir d'une place a une autre pour découvrir les merveilles voilées, se rencontrent les personnes, les vraies. Une partie aux cartes, le conte d'un voyage, les anecdotes et les rires autour d'un verre, écouter les histoires de vie et de mort, de sourires et larmes. Un israélien qui raconte la guerre distraitement, une femme qui a perdu les hommes de sa vie a cause des cancers. Qu'est-ce qui nous rends aussi capables de sentir? de rencontrer quelqu'un et passer un moment ensemble, rire et rigoler et savoir que c'est juste ainsi.
Parler du monde, vouloir le refaire, esperer d'un futur meilleur, vivre le present. Avec le sourire et la sérénité, même quand onn te loue un vélo qui perd la chaîne tous les 200 mètres, et qu'à la fin, tu dois faire 5 km a pieds, dans le noir. Et s'allonger sur le lit et voire encore images, lumières et couleurs qui sont là le seul temps de les percevoir, et elles se transforment. Pensées, sons, odeurs souvenus ou imagines ou peut-être presents, qui s'éteignent en un doux sommeil. |